Action collective contre LG
Une demande d’action collective vise l’entreprise LG, accusée d’espionner les utilisateurs de ses téléviseurs connectés. Qui sont les avocats?

Un Québécois reproche à LG d’avoir suivi ce qu’il regardait sur l’écran de son téléviseur, pour créer un profil publicitaire sans son consentement.
Il a déposé une demande d’autorisation d’une action collective devant la Cour supérieure du Québec
Le demandeur est Adam Kouadio, un résident de Côte-Saint-Luc. Il est représenté par Me Mike Siméon, Me Arvand Abab et Me Papa Adama Ndour.
En septembre 2024, le demandeur achète un téléviseur usagé auprès d'un particulier. Il s’agit d’un appareil de référence LG 49LH5700-UD.
M.Kouadio installe le téléviseur dans sa chambre à coucher, le connecte à Internet, et active le mode veille. Il en est le seul utilisateur.
Lors de la mise en service de l'appareil, le demandeur accepte à l'écran les conditions d'utilisation et la politique de confidentialité. Il refuse cependant le troisième document concernant les Informations de diagnostic et d’utilisation.
Or, les documents ne mentionnent jamais la reconnaissance automatique de contenu. La politique de confidentialité traite uniquement de renseignements de visionnement, sans les définir ni dire comment ils sont collectés.
Le demandeur ignorait donc que son téléviseur captait ce qu'il regardait, que cela servait à la publicité et que les données étaient partagées avec des partenaires.
La poursuite s'est appuyée sur l'enquête de Gamers Nexus publiée le 7 septembre 2026, et sur une étude de l’ACM Internet Measurement Conference datant de 2024. De plus, en 2026, un tribunal du Texas a ordonné à LG de cesser la collecte et le traitement de données de visionnement sans avoir obtenu le consentement exprès des consommateurs.
La demande d’action collective allègue que le téléviseur identifie en continu tout ce qui est affiché au moyen d'empreintes numériques, jusqu'à une capture toutes les 10 millisecondes. Les données sont envoyées à une filiale de LG pour créer un profil et vendre du ciblage publicitaire. Rien à l'écran indique que la collecte a lieu. La reconnaissance automatique du contenu fonctionne même lorsqu'un le téléviseur sert de simple écran pour un ordinateur ou pour des jeux vidéo.
Le consentement global est présélectionné par défaut. Le propriétaire est censé consentir pour les autres occupants, y compris les enfants. Et le retrait du consentement n'est pas rétroactif.
En outre, sur certains modèles, des conversations tenues hors commande vocale seraient captées, transcrites en clair et conservées. Des failles de sécurité permettraient à un tiers d'enregistrer l’audio. La poursuite affirme que LG exige le consentement exprès des personnes captées au Québec pour ses autres produits, mais exclut les téléviseurs de ces conditions.
Les faits reprochés à LG contreviendraient au Code civil du Québec, à la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé LPRPSP), à la Loi sur la protection du consommateur (LPC), et à la Charte des droits et libertés.
Le demandeur souhaite être désigné représentant des membres du groupe composé des personnes physiques qui ont été acquéreur, propriétaire, possesseur ou utilisateur d'un téléviseur intelligent LG (webOS, ACR ou microphones) connecté à Internet depuis le 1er septembre 2013 et ayant résidé au Québec pendant tout ou partie de cette période, ainsi que les membres de leur ménage ». Des sous-groupes incluent les mineurs âgés de moins de 14 ans exposés à un téléviseur LG, les acquéreurs d'appareils usagés, les titulaires d'un compte LG, ainsi que les membres de ménages qui n'ont ni compte ni accepté les ententes.
Au total, le groupe pourrait rassembler plusieurs centaines de milliers de membres au Québec.
Le demandeur souhaite que la Cour supérieure condamne LG et ses filiales publicitaires à verser des dommages compensatoires, ainsi que des dommages punitifs d'au moins 1 000 $ par membre.
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