Action collective contre Steam
La plateforme Steam opèrerait des jeux de hasard illicites. Une demande d’action collective est déposée. Qui sont les avocats?

La populaire plateforme de jeu vidéo en ligne Steam a-t-elle violé le code criminel en intégrant un système de jeu de hasard illégal dans ses produits phares?
C’est ce que devra déterminer la Cour supérieure du Québec, saisie d’une demande d’autorisation d'une action collective contre Valve Corporation, l’entreprise américaine derrière la plateforme de jeu.
Le demandeur est Julian Edmond Lapointe Bellisle, un résident de Cantley, en Outaouais. Il est représenté par Me Michael Simkin du cabinet montréalais Simkin Légal, et par Me Anthony Leoni du cabinet Rice Parsons Leoni & Elliott à Vancouver.
Dans les jeux vidéo de la plateforme Steam, les joueurs doivent acheter une clé pour ouvrir une caisse contenant un objet cosmétique aléatoire. La valeur de cet objet est presque toujours inférieure au prix de la clé, fixée à 2,49 $US. Les probabilités d'obtention de ces objets ne sont pas divulguées, décrit la demande d’autorisation.
Valve Corporation aurait conçu ses caisses de manière à imiter les jeux de casino. L'entreprise aurait engrangé des milliards de dollars en utilisant ce procédé dans ses jeux Counter-Strike: Global Offensive, Team Fortress 2 et Dota 2.

Comme des machines à sous
Selon la poursuite, ce système imite délibérément celui des machines à sous pour exploiter des mécanismes psychologiques identiques. Les objets virtuels ont une valeur monétaire réelle, échangeables sur Steam ou sur des plateformes tierces.
Le demandeur dit avoir perdu de l'argent en achetant des clés pour ouvrir des caisses dans les jeux de Steam.
Or, Valve Corporation n'a jamais obtenu la licence provinciale requise pour opérer une activité de jeux de hasard au Québec, ce qui viole le code criminel et la loi sur les loteries, allègue la demande.
La poursuite souligne que la défenderesse n'effectue aucune vérification d'âge efficace, ce qui permet à des mineurs de participer à ces jeux.
Le demandeur souhaite être désigné représentant des membres du groupe composé de toutes les personnes au Québec ayant acheté des clés ou des caisses dans les jeux concernés entre le 30 septembre 2010 et la date d'autorisation de l'action collective.
Le demandeur souhaite que la Cour supérieure condamne Valve Corporation à rembourser les membres du groupe des montants versés, à annuler les contrats conclus avec des mineurs, et à verser des dommages compensatoires et punitifs
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