Bombardier : la Caisse de dépôt tourne le dos à Pierre Beaudoin
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Radio -Canada
2017-05-08 17:16:00
Bien qu'elle appuie le plan de redressement du président et chef de la direction Alain Bellemare, la Caisse estime que le conseil d'administration a erré en approuvant la politique de rémunération qui a suscité un tollé au sein de la population, en plus de provoquer des manifestations.
« À notre avis, les décisions du conseil d'administration sur la rémunération des hauts dirigeants de la société ne sont pas à la hauteur des normes de gouvernance et de responsabilité envers les parties prenantes », fait valoir la première vice-présidente aux affaires juridiques et au secrétariat de la CDPQ, Kim Thomassin, dans sa lettre publiée lundi.
En plus de détenir 30 % de Bombardier Transport, la CDPQ est l'un des plus importants actionnaires de la multinationale avec plus de 53 millions d'actions de catégories A et B.
Bombardier « a pris connaissance de la position exprimée par la Caisse de dépôt et placement du Québec », a écrit l'entreprise par courriel lundi après-midi. « L’élection des administrateurs et l’approche de Bombardier en matière de rémunération des membres de la haute direction sont des sujets à l’ordre du jour de l’Assemblée annuelle des actionnaires », a-t-elle poursuivi. « Nous aurons l'occasion de discuter de ces questions importantes à ce moment. »
À quelques jours de l'assemblée des actionnaires de Bombardier, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) désavoue le président directeur du conseil d'administration, Pierre Beaudoin, en plus de s'opposer à l'approche de la multinationale en matière de rémunération de ses patrons.
En plus de détenir 30 % de Bombardier Transport, la CDPQ est l'un des plus importants actionnaires de la multinationale avec plus de 53 millions d'actions de catégories A et B.
Bombardier « a pris connaissance de la position exprimée par la Caisse de dépôt et placement du Québec », a écrit l'entreprise par courriel lundi après-midi. « L’élection des administrateurs et l’approche de Bombardier en matière de rémunération des membres de la haute direction sont des sujets à l’ordre du jour de l’Assemblée annuelle des actionnaires », a-t-elle poursuivi. « Nous aurons l'occasion de discuter de ces questions importantes à ce moment. »
En raison de la pression populaire, Bombardier avait repoussé jusqu'en 2020 plus de la moitié de la rémunération de ses six plus hauts dirigeants pour l'année 2016. Initialement, la rémunération globale de ceux-ci devait totaliser 32,6 millions dollars, ce qui représentait une augmentation de 50 % sur un an.
La lettre de Mme Thomassin by Radio-Canada on Scribd
La CDPQ – qui avait voté en faveur de la politique de rémunération l'an dernier – salue ce pas de recul, mais ajoute que le « rehaussement des normes de gouvernance va bien au-delà des enjeux immédiats de rémunération ».
Ainsi, le bas de laine des Québécois croit que le conseil d'administration devrait être dirigé par un administrateur indépendant plutôt que par un membre de la famille qui contrôle l'entreprise.
Grâce aux actions à droit de vote multiple, la famille Beaudoin-Bombardier contrôle 53,23 % des droits de vote.
L'an dernier, la résolution consultative non contraignante sur l'approche de l'entreprise en matière de rémunération des membres de la haute direction avait été appuyée dans une proportion de 96,06 % par les actionnaires.
En agissant de la sorte, la Caisse a voulu envoyer un « message clair », a affirmé le directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques (IGOPP), Michel Nadeau.
« Elle voulait que les autres actionnaires tiennent compte de son message », a-t-il lancé au cours d'un entretien téléphonique.
M. Beaudoin, qui siège également au conseil d'administration de Power Corporation du Canada, est aussi dans la mire du Régime de retraite des enseignants de l'Ontario, également connu sous le nom de Teachers, qui s'abstiendra de voter pour sa réélection comme administrateur.
Une assemblée houleuse en perspective
La CDPQ n'est pas la seule à s'opposer à la politique de rémunération en vigueur chez Bombardier.
La corporation d'investissement et de gestion de la Colombie-Britannique, qui détient près de sept millions d'actions, imitera le gestionnaire québécois en plus de voter contre la réélection de tous candidats non indépendants – dont Pierre Beaudoin.
« Le programme n'est pas suffisamment en phase avec la performance, n'est pas assez transparent et n'est pas aligné avec les meilleures pratiques », fait valoir l'investisseur institutionnel.
Le Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC), par l'entremise de son président, Daniel Thouin, compte interpeller la haute direction du constructeur d'avions et de trains sur la question de la rémunération.
« Le sujet est plus sensible qu'à l'habitude, a expliqué son coordonnateur, Willie Gagnon, au cours d'un entretien téléphonique. Comme l'an dernier, nous allons voter contre l'approche de la société en matière de rémunération. »
La firme de conseils aux actionnaires Glass Lewis a par ailleurs récemment recommandé à ses clients de s'opposer à l'approche de l'entreprise, alors que la firme Institutional Shareholder Services (ISS) a adopté une position contraire.