Contrôle coercitif : repenser les pratiques socio-judiciaires
Des experts d’Europe et du Québec se réuniront à Montréal pour examiner l’impact du contrôle coercitif sur les pratiques en droit de la famille et la protection de la jeunesse.
Le système socio-judiciaire et la protection de la jeunesse seront au cœur d’une réflexion sur les pratiques face à la violence conjugale lors d’un colloque consacré aux mères et aux enfants victimes de contrôle coercitif.
Cet événement, intitulé « L’expérience des mères et des enfants victimes de contrôle coercitif : changer notre regard pour mieux protéger », se déroulera les 19 et 20 octobre 2026 à l’Hôtel Bonaventure à Montréal.

Plusieurs conférenciers issus du milieu juridique prendront la parole pour discuter des cadres d’analyse et des interventions auprès des mères et des enfants victimes.
La programmation inclut la participation de deux magistrats étrangers qui présenteront les avancées de leur juridiction respective :
- Le juge Édouard Durand (France) : Magistrat spécialiste de la protection de l’enfance, il présentera la conférence « Repenser la pratique socio-judiciaire pour prévenir la victimisation secondaire des mères et des enfants ». Son intervention portera sur les mécanismes de la violence institutionnelle et sur des pistes de pratiques visant à protéger les victimes.
- La juge Dima Karadsheh (Belgique) : Juge à la Cour d’appel de Mons et collaboratrice scientifique à l’Université libre de Bruxelles, elle participera à une table ronde sur la prise en compte du contrôle coercitif dans le cadre judiciaire. Elle traitera des évolutions législatives et jurisprudentielles en droit de la famille et en protection de la jeunesse, ainsi que de la documentation du contrôle coercitif dans les dossiers.

Le programme prévoit également des interventions d’avocats, de professeurs et de juristes :
- Me Karina Cloutier : Avocate en droit de la famille et civil au Bureau d’aide juridique de Longueuil, elle interviendra aux côtés de la juge Karadsheh. Elle présentera l’influence de la documentation du contrôle coercitif sur sa pratique professionnelle.
- Mona Paré : Professeure titulaire à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa, elle abordera les « Droits à la protection et à la participation des enfants dans un cadre judiciaire ». Son intervention portera sur l’application de la Convention relative aux droits de l’enfant dans les dossiers de droit familial et de protection de la jeunesse, en distinguant les droits de protection des droits de participation.
- Me Natacha Engel : Avocate, elle participera avec la criminologue Constance Laurin à un panel intitulé « Entre accusations de non-coopération et de non-protection : le choix impossible des mères ». La discussion portera sur les mécanismes institutionnels de responsabilisation pesant sur les mères victimes de violence conjugale, notamment lorsqu’elles refusent ou limitent les contacts entre l’enfant et le père violent.
- Agathe Willaume : Juriste, politologue et victimologue franco-belge, elle est co-coordinatrice de l’ouvrage Et si c’était du contrôle coercitif ? Repenser les pratiques sociojudiciaires pour (mieux) protéger les victimes de violences conjugales. Elle présentera la conférence de clôture sur le modèle belge de la « Clinique du Lien », une approche intégrée d’intervention impliquant l’enfant, le parent protecteur et le parent auteur.
Le colloque sera également l’occasion de dévoiler l’ouvrage intitulé Et si c’était du contrôle coercitif ? Repenser les pratiques sociojudiciaires pour (mieux) protéger les victimes de violences conjugales. Ce référentiel commun, conçu par des experts de la Belgique, de la France et du Québec, vise à offrir des pistes de réflexion pour repenser les pratiques sociojudiciaires afin d’améliorer la protection des victimes.
La programmation complète du colloque est disponible ici.
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