Des détenus coincés au sous-sol, des juges qui attendent

Des détenus coincés au sous-sol, des juges qui attendent

Thomas Vernier

2026-10-13 12:00:04

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Au palais de justice de Montréal, des audiences sont retardées parfois plus d'une heure, faute d'agents correctionnels pour escorter les accusés jusqu'à la salle.

Des juges du palais de justice de Montréal doivent parfois patienter plus d'une heure avant que des détenus, pourtant déjà dans l'immeuble, soient conduits dans leur salle d'audience, rapporte le Journal de Montréal. En cause : le manque d'agents correctionnels pour les escorter depuis les quartiers cellulaires du sous-sol.

« Nous sommes comme des passagers pris sur la piste de décollage et le pilote dit : nous sommes les prochains. Une heure plus tard, nous sommes encore là », a lancé la semaine dernière le juge Dennis Galiatsatos, visiblement irrité.

Il présidait le procès d'un homme accusé de vol qualifié. Au retour de la pause du matin, l'accusé n'est jamais remonté : aucun agent n'était disponible pour l'escorter et rester avec lui dans le box. Tout le personnel de la cour est parti dîner avant son retour.

Ce jour-là, les effectifs étaient « au minimum opérationnel », a expliqué en salle un responsable des services correctionnels, Marco Steinberger.

Le juge Galiatsatos n'est pas le seul à avoir attendu. La même semaine, le début d'une enquête préliminaire pour meurtre a été retardé d'une heure. Deux jours plus tard, une autre enquête préliminaire pour meurtre, visant trois accusés, a pris plusieurs dizaines de minutes de retard pour la même raison.


Moins de détenus, beaucoup moins d'agents

La visioconférence a changé la donne. Avant la pandémie, plus d'une centaine de détenus étaient transportés chaque jour au palais de justice de Montréal. Mercredi dernier, ils n'étaient que 31, a-t-on indiqué à la cour.

À l'échelle du Québec, 22 750 transferts de détenus vers des palais de justice ont été effectués l'an dernier, contre 72 600 six ans plus tôt, selon le ministère de la Sécurité intérieure.

Mais les effectifs ont fondu plus vite. Le syndicat estime qu'une quarantaine d'agents travaillent aujourd'hui au palais de justice de Montréal, contre plus d'une centaine avant la pandémie. « Beaucoup de coupures ont affecté le palais de justice » depuis 2020, a reconnu Marco Steinberger.

« Il y a des enjeux de postes vacants ou absents. Les remplacements ne sont pas toujours comblés », souligne Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ-CSN). Le ministère n'a pas été en mesure de préciser au Journal le nombre d'agents affectés au palais de justice de Montréal, ni leur budget.

Le problème n'est pas neuf. En 2023, le syndicat des constables spéciaux dénonçait déjà des salles fermées faute de personnel, et relevait que la visioconférence réduisait parfois à zéro le nombre d'agents correctionnels dans certains palais, au détriment de la sécurité.

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