Le capital-investissement aux portes des cabinets
Les cabinets américains s'inspirent du secteur médical pour permettre à des investisseurs extérieurs de leur fournir du financement…
Aux États-Unis, des cabinets d'avocats semblent bien avoir trouvé le moyen de se faire financer par le capital-investissement.
Comme de nombreuses juridictions internationales, la réglementation américaine interdit formellement aux non-avocats de détenir des parts dans le capital des cabinets juridiques. Cette règle vise à préserver l'indépendance des avocats face aux intérêts financiers.
Cependant, le géant du préjudice corporel, Morgan & Morgan, étudie sérieusement l'entrée de fonds de capital-investissement à son capital, rapporte le Financial Times.
Afin de contourner l'interdiction de détention par des tiers, le cabinet, qui emploie 1 200 avocats pour des revenus annuels de 2 milliards $US, compte utiliser une structure importée du secteur médical: la Managed Services Organisation (MSO). Cela consiste en une scission du cabinet en deux entités distinctes.
D’un côté, une société d’avocats classique conserve le monopole exclusif de la gestion des dossiers et de la relation client.
De l’autre côté, la MSO centralise l’ensemble des fonctions support, comme la propriété intellectuelle, le marketing, les centres d’appels et les services administratifs. C’est dans cette seconde entité, la MSO, que les investisseurs extérieurs injectent leurs capitaux.
La MSO facture ensuite ses services au cabinet d'avocats via des honoraires de gestion, ce qui permet aux investisseurs de se rémunérer avec les profits. Ces honoraires doivent être suffisamment élevés pour susciter l’intérêt d'investisseurs extérieurs.
Pour les cabinets, cela permet de disposer d’une puissance financière pour augmenter l’efficacité du traitement des dossiers, et aller à la conquête de nouveaux marchés.
Cependant, les différents barreaux américains se disent préoccupés, car ils redoutent que la pression de la rentabilité financière interfère, directement ou directement, dans la conduite des litiges. Ils s’inquiètent aussi que ce modèle pousse à judiciariser toujours davantage, en vue de soutenir les profits des MSO.
Si la transaction se confirme, elle pourrait servir de modèle à de nombreux autres cabinets.
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