Le procès de Ronald Weinberg a commencé

Agence Qmi
2014-05-13 10:48:00

Pour les six prochains mois, 14 jurés seront aux premières loges pour entendre toute la preuve recueillie contre Weinberg, Lino Matteo et John Xanthoudakis, respectivement âgés de 62, 52 et 55 ans.
«Il s’agit d’une fraude massive à l’encontre d’une entreprise prospère», selon Me Ferguson.
Les trois hommes sont accusés de fraude, de fabrication de faux et de faux prospectus, au détriment des actionnaires de Cinar. Weinberg était le PDG de la compagnie, Matteo dirigeait l’entreprise Mount Real tandis que Xanthoudakis était PDG de Norshield.
Et les trois hommes ont chacun à leur façon contribué à la fraude, selon la preuve de la Couronne.
Stratagème élaboré
Dans sa déclaration d’ouverture, Me Ferguson a résumé le stratagème que Weinberg aurait employé pour se remplir les poches.
À l’insu du Conseil d’administration, Weinberg aurait transféré des millions de dollars dans des compagnies bidon aux Bahamas. Et ces compagnies avaient toutes le même lien : leur siège social se trouvait dans le même édifice que Norshield, la compagnie de Xanthoudakis.
Entre août 1998 et décembre 1999, 126 millions $ auraient été transférés illégalement.
Déchéance
Pour cacher les manœuvres frauduleuses, Weinberg aurait fabriqué de faux documents. Lors d’un audit en 1998, il avait réussi à dissimuler que l’argent de Cinar avait été transféré aux Bahamas.
L’année suivante, un auditeur s’est aperçu de l’irrégularité, et en 2000 le scandale a finalement éclaté.
L’action de Cinar, qui valait 32,60 $ en janvier 2000, a perdu plus de 70% de sa valeur en mois de deux mois.
Une partie de l’argent a pu être récupéré, mais il est rapidement devenu apparent que la majorité des fonds détournés s’étaient volatilisés, a expliqué le procureur à la Couronne.
«En janvier 2002, il est devenu clair que Cinar ne rembourserait rien (aux actionnaires)», a-t-il dit.
Et les ennuis pour Weinberg ne se sont pas arrêtés là. En 2003, une enquête policière a débuté, ce qui a finalement mené aux dépôts d’accusations.
«Les faits sont compliqués, mais il est clair que chaque accusé, chacun à sa façon, est coupable de fraude», a assuré le procureur.
Le procès, présidé par le juge Pierre Labrie, doit durer six mois.