Les juristes de la SQI donnent un avis de grève

Les juristes de la SQI donnent un avis de grève
Thomas Vernier

Thomas Vernier

2026-11-03 09:30:38

Commenter

Sans entente, les avocats et notaires de la SQI seront en grève illimitée dès le 9 novembre. Au Protecteur du citoyen, la grève dure depuis deux mois.


Alexis Milette - source : LinkedIn

Les avocats et notaires de la Société québécoise des infrastructures (SQI) haussent le ton. Le lundi 2 novembre au matin, leur syndicat, Les avocats et notaires de l'État québécois (LANEQ), a transmis un avis de grève à l'employeur.

Une grève à durée indéterminée sera déclenchée le 9 novembre, à moins d'une entente d'ici là.

La vingtaine de juristes de la SQI avaient voté à l'unanimité, les 8 et 9 octobre, pour un mandat pouvant aller jusqu'à la grève générale illimitée. Aucune séance de conciliation n'a eu lieu depuis, mais une rencontre est prévue le 4 novembre.

« Nous maintenons l'espoir que l'arrivée du nouveau gouvernement dirigé par M. Paul St-Pierre Plamondon permettra de résoudre la situation », affirme le président de LANEQ, Me Alexis Milette.

Le syndicat rappelle avoir conclu des ententes avec le gouvernement pour la fonction publique, avec l'Agence du revenu du Québec et avec la Régie de l'énergie. Les juristes de Revenu Québec ont ratifié leur convention à 99,4 % en septembre.

Au cœur du conflit : la parité salariale. Depuis la création de la SQI en 2013, ses avocats et notaires ont toujours obtenu une rémunération équivalente à celle des juristes de la fonction publique, selon LANEQ. Or, les offres patronales, qui doivent être approuvées par le gouvernement, créeraient selon le syndicat une « disparité salariale importante », sans explication.


La grève pourrait avoir des effets concrets. Les juristes de la SQI participent notamment à la préparation des appels d'offres de grands projets d'infrastructures. LANEQ évoque des retards possibles, entre autres pour la modernisation et l'agrandissement de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Au Protecteur du citoyen, les six avocates sont en grève à durée indéterminée depuis le 8 septembre. Sans convention collective depuis février 2022, elles réclament elles aussi la parité avec les juristes de la fonction publique. L'ultimatum avait été lancé à la fin d'août. Après deux mois, aucune avancée n'a permis de dénouer l'impasse, selon le syndicat.

LANEQ soutient que le Protecteur du citoyen a lui-même reconnu l'équivalence des emplois. Mais là encore, les offres patronales doivent être approuvées par le gouvernement.

« N'est-il pas surprenant que le Protecteur du citoyen, un ombudsman parlementaire nommé par l'Assemblée nationale, soit empêché par le gouvernement du Québec d'accorder à ses avocates les mêmes conditions de rémunération que le gouvernement a lui-même accordé aux avocats et notaires de la fonction publique? Quel message ça envoie sur l'indépendance du Protecteur du citoyen? », lance Alexis Milette.

Selon le syndicat, la grève entraîne des retards dans de nombreux dossiers. Les lanceurs d'alerte, que les avocates représentent normalement devant les tribunaux, sont aussi privés de leurs services.

Partager cet article:

151
Publier un nouveau commentaire
Annuler
Remarque

Votre commentaire doit être approuvé par un modérateur avant d’être affiché.

NETiquette sur les commentaires

Les commentaires sont les bienvenus sur le site. Ils sont validés par la Rédaction avant d’être publiés et exclus s’ils présentent un caractère injurieux, raciste ou diffamatoire. Si malgré cette politique de modération, un commentaire publié sur le site vous dérange, prenez immédiatement contact par courriel (info@droit-inc.com) avec la Rédaction. Si votre demande apparait légitime, le commentaire sera retiré sur le champ. Vous pouvez également utiliser l’espace dédié aux commentaires pour publier, dans les mêmes conditions de validation, un droit de réponse.

Bien à vous,

La Rédaction de Droit-inc.com

PLUS

Articles similaires