Tête à tête avec une nouvelle cheffe de Robic
La nouvelle cheffe du groupe droit des affaires et des technologies nous dévoile ses priorités et sa vision de l’innovation.

Il y a du mouvement au sein du groupe de pratique droit des affaires et des technologies de Robic. Caroline Jonnaert vient d'en prendre la direction.
Cette nomination survient à un moment où les entreprises doivent composer avec des enjeux grandissants liés à l'intelligence artificielle, à la protection et à la valorisation de leurs actifs immatériels, ainsi qu'à l'évolution rapide des cadres réglementaires.
Avocate, agente de marques et titulaire d'un doctorat en droit de l'Université de Montréal, Caroline Jonnaert a développé une pratique à l'intersection de la propriété intellectuelle, du droit des affaires et des technologies émergentes.
Elle accompagne des entreprises innovantes, des organismes publics ainsi que des acteurs des secteurs culturel et médiatique dans leurs enjeux liés à l'innovation, à la propriété intellectuelle et à la commercialisation de leurs actifs stratégiques.
Quels seront ses chantiers prioritaires? Comment voit-elle évoluer les besoins des entreprises à l'ère de l'intelligence artificielle? Et quelle place souhaite-t-elle accorder au développement de la relève? On a jasé avec elle.
Comment souhaitez-vous faire évoluer le groupe de pratique en droit des affaires et des technologies? Avez-vous déjà des priorités en tête?
Mon objectif est avant tout de renforcer l'approche intégrée qui fait la force de Robic. Nous voulons continuer à rapprocher les enjeux d'affaires, de technologies et de propriété intellectuelle afin d'offrir un accompagnement encore plus stratégique à nos clients. L'ambition est de bâtir une pratique qui aide les entreprises à tirer pleinement parti de leurs actifs de propriété intellectuelle, dans un contexte où l'innovation évolue rapidement.
Quels sont aujourd'hui les principaux défis auxquels font face les entreprises en matière de nouvelles technologies? Quel impact l'intelligence artificielle a-t-elle sur leurs besoins juridiques?
Nous constatons plusieurs enjeux majeurs. Il y a d'abord la gestion des risques réglementaires et contractuels, qui prend de plus en plus d'importance. L'intégration de l'intelligence artificielle dans les opérations soulève également de nombreuses questions pour les entreprises : comment l'utiliser de manière responsable, sécuritaire et conforme aux exigences juridiques?
À cela s'ajoute toute la question de la protection et de la valorisation des actifs stratégiques. Les entreprises cherchent à se distinguer sur leur marché tout en protégeant leurs innovations. Enfin, pour les entreprises innovantes, l'accès au financement et le soutien à la croissance demeurent des enjeux importants.
Vous évoquiez également le développement des talents. Dans un contexte où la rétention constitue un défi pour plusieurs organisations, quelle est votre approche chez Robic?
Pour moi, la clé est d'être à l'écoute de chaque professionnel. Chaque personne a son propre parcours, ses forces et ses aspirations. Notre rôle consiste à leur donner les outils nécessaires pour progresser, développer leur expertise et évoluer au sein du cabinet. Plus largement, mon ambition est de poursuivre le développement de notre pratique dans le secteur de l'innovation, tout en contribuant activement à la relève et à la prochaine génération de professionnels.
Comment accompagnez-vous justement ces jeunes professionnels dans un domaine qui évolue aussi rapidement?
Nous cherchons à comprendre leurs besoins, leurs forces et les défis qu'ils rencontrent dans leur pratique quotidienne. Ensuite, nous les accompagnons de différentes façons : par le mentorat, le partage d'expérience, des outils pour mieux gérer leur pratique, mais aussi grâce à la formation continue.
Avec l'arrivée de l'intelligence artificielle, il est essentiel que nos professionnels demeurent à l'affût des évolutions juridiques et technologiques afin de développer les bons réflexes. Comme nous accompagnons des entreprises innovantes, il est tout aussi important d'accompagner nos équipes dans cette transformation.
Votre pratique se situe au croisement du droit des affaires, de la propriété intellectuelle et des technologies. Qu'est-ce qui vous attire dans cette interdisciplinarité?
Ce qui m'anime avant tout, c'est la curiosité. C'est d'ailleurs une valeur qui caractérise notre équipe. Nous avons la chance d'accompagner des entreprises extrêmement innovantes et d'être aux premières loges des nouvelles inventions et des avancées technologiques. C'est particulièrement stimulant.
Ce que j'apprécie aussi, c'est notre capacité à intervenir à toutes les étapes de la vie de la propriété intellectuelle : de la protection des innovations jusqu'à leur commercialisation, leur valorisation et leur développement stratégique. Nous pouvons également compter sur les autres groupes de pratique du cabinet lorsqu'il est question de défense des droits, ce qui nous permet d'offrir une approche véritablement intégrée.
Qu'est-ce qui distingue votre approche auprès de votre clientèle?
Mon parcours, tant en cabinet qu'en entreprise, ainsi que mon bagage académique, notamment mon doctorat, m'ont permis de développer une grande profondeur d'analyse. Mais au-delà de cette expertise, j'accorde beaucoup d'importance à offrir des solutions concrètes et pragmatiques.
Je crois que c'est aussi ce qui distingue notre équipe : une compréhension approfondie des technologies, combinée à une capacité de transformer des enjeux juridiques complexes en conseils d'affaires utiles et applicables. Notre objectif est d'aider nos clients à naviguer dans un environnement réglementaire en constante évolution, tout en leur permettant de protéger, développer et commercialiser leurs actifs de propriété intellectuelle.
Pour terminer, comment en êtes-vous venue à vous spécialiser en droit des technologies?
Les technologies font partie du paysage juridique depuis longtemps. Bien avant l'intelligence artificielle, il existait déjà de nombreux débats autour des technologies de l'information, d'Internet et de leurs implications juridiques. L'essor récent de l'intelligence artificielle a toutefois accéléré ces réflexions et fait émerger de nouveaux défis.
Pour ma part, c'est au cours de mon doctorat que je me suis véritablement intéressée à ces questions. Mes travaux portaient sur le croisement entre les technologies et le secteur culturel, notamment sous l'angle du droit d'auteur. Cette réflexion a éveillé ma curiosité et m'a naturellement menée vers cette pratique.
Depuis, j'ai eu la chance de la développer chez Robic en collaboration avec des collègues spécialisés en brevets, en propriété intellectuelle et en droit des technologies. C'est un domaine particulièrement stimulant, puisqu'il évolue sans cesse et nous amène constamment à réfléchir aux nouveaux enjeux juridiques que soulève l'innovation.
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