Un juriste candidat au rectorat de l’Université Laval

Un juriste candidat au rectorat de l’Université Laval

Radio Canada

2026-06-23 12:00:01

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Un prof de droit déposera sa candidature pour devenir le prochain recteur de l'Université Laval. Qui est-il?


Le professeur Louis-Philippe Lampron sera « le porteur de ballon » d'une équipe, mais souhaite mettre l'attention sur la collégialité - source : Radio-Canada / Félix Duchesne

Le nom du professeur Louis-Philippe Lampron se retrouvera sur la liste de candidatures pour la prochaine course au rectorat de l'Université Laval, qui sera lancée l'automne prochain. L'affaire n'a rien d'une ambition personnelle, précise le principal intéressé, qui se décrit plutôt comme « le porteur de ballon » d'une équipe voulant mettre fin à « l'approche patronale » de la direction universitaire.

M. Lampron se fera essentiellement le porte-voix du groupe Université Laval collégiale au cours des prochains mois. Si les règles l'avaient permis, les cinq membres du projet fondé l'an dernier se seraient présentés conjointement, en équipe. Une telle chose n'étant pas possible, le spécialiste en droits et libertés de la personne a été désigné par ses acolytes pour les représenter.

« Ce n'est pas la candidature de Louis-Philippe Lampron, c'est vraiment le projet UL collégiale que je vais porter. (...) L'Université Laval est un trop gros bateau pour être dirigé par une seule personne », insiste-t-il en entrevue à Radio-Canada.

Cette posture de représentant incarne la vision proposée par le groupe, poursuit l'ancien président du Syndicat des professeures et des professeurs. On trouve ça très cohérent d'arriver avec une approche d'équipe, alors que le nerf de la guerre du programme qu'on est en train de construire, c'est le partage des pouvoirs décisionnels, explique-t-il.

Mettre fin à l'approche « verticale »

Le futur candidat et ses collègues veulent en effet s'attaquer à ce qu'ils considèrent comme une tendance lourde en Amérique du Nord. Plusieurs universités ont selon eux adopté un mode de gestion transformant les campus en entreprises comme les autres dans la manière de prendre les décisions. À leur avis, l'Université Laval n'y a pas échappé. « On a l'impression que la haute administration, ce sont les patrons, et les décisions descendent à l'intérieur de l'organisation », affirme Louis-Philippe Lampron. « On veut inverser ça ».

« C'est pour ça qu'on se présente en équipe. On se présente comme des représentants de la communauté et non comme des patrons et des patronnes », déclare Louis-Philippe Lampron.

Parmi les exemples de cette gouvernance verticale à l'Université Laval, il cite les décisions récentes d'abolir la majorité des cafétérias étudiantes, de sacrifier une partie du jardin botanique Van Den Hende ou encore de lancer un vaste chantier de développement immobilier sur le campus. Dans les trois cas, la direction a fait preuve d'opacité à une étape ou une autre du processus décisionnel. Selon M. Lampron, cette façon de faire laisse trop souvent un sentiment de faits accomplis au sein de la communauté.


L'approche proposée par le groupe n'a rien de radical, souligne le professeur. Il y voit plutôt un retour aux sources vers la collégialité, un principe enchâssé dans les statuts de l'Université Laval. L'institution, rappelle-t-il, possède un conseil d'administration et un conseil universitaire. Normalement, ces deux entités doivent partager les pouvoirs décisionnels. M. Lampron et son équipe font cependant le constat qu'il y a eu un glissement au profit du conseil d'administration ces dernières années.

Or, les considérations du conseil d'administration, dit-il, sont surtout financières. « C'est souvent, voire toujours, le budget (qui prime) » au-delà des autres intrants, comme la mission d'intérêt public, de recherche et d'enseignement des universités. Le conseil universitaire, formé de membres issus de toute la communauté et qui traite davantage des questions d'ordre scolaire, est régulièrement mis hors jeu par la haute direction. « Dans un processus vertical où le C.A. prend beaucoup de place, il n'y a pas de collégialité ».

« Il faut que les instances fassent en sorte que c'est la communauté qui prend les décisions en bout de ligne et les représentants, ils exécutent la décision. Il faut faire plus que de simplement dire : On a consulté. », mentionne Louis-Philippe Lampron.

Indépendance à protéger

Dans un contexte de sous-financement chronique des universités, le groupe estime qu'elles sont de plus en plus vulnérables aux pressions extérieures. Puisque ça prend de l'argent pour faire rouler la boîte, M. Lampron craint des compromis déraisonnables de la part des universités. Concrètement, il craint par exemple que la recherche, une partie fondamentale de la mission universitaire, ne soit orientée par des intérêts privés ou gouvernementaux.

Les universités sont le bastion de la recherche libre, indépendante et rigoureuse, tranche-t-il. Ça prend une mise à distance, des conditions qui vont faire en sorte que ce qu'on fait, ce ne sera pas dicté de l'extérieur, mais bien à partir de l'intérieur de la communauté. Selon Université Laval collégiale, il en va de la confiance du public envers les recherches qui émaneront de l'institution. On pense qu'en redonnant la pleine portée aux instances décisionnelles qui existent actuellement, ça va justement contribuer à faire une communauté plus forte, plus solide, pour confronter les défis qui s'en viennent.

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