Ces avocats qui conseillent les start-ups…

Julien Vailles Et Jean-François Parent
2016-10-25 15:00:00

Me Robert Brouillette, l’un des fondateurs du cabinet BCF, aujourd’hui associé principal de Brouillette et Associés, a quant à lui l’impression d’être plus utile auprès des entreprises en démarrage que des grandes sociétés. « Avec les petites entreprises, les conseils sont vraiment nécessaires, on a l’impression de faire une différence ».
Et le principal intérêt de ce domaine de pratique, selon Me Daniel Dupuis, associé fondateur du cabinet boutique Dupuis Paquin, à Laval, est que les clients reviennent! Selon lui, les petits entrepreneurs, pour lesquels tout est à construire, ont des besoins généraux et peuvent donc faire appel à leurs avocats à plusieurs reprises.
De quoi ont besoin les gens qui se lancent en affaires?

L’absence de structure est d’ailleurs une carence importante constatée chez une majorité d’entrepreneurs par Me Dani Ann Robichaud, associée directrice et fondatrice de la Boîte juridique, un cabinet gatinois spécialisé dans le conseil aux entrepreneurs. Ces derniers « n’ont pas de contrats de services avec leurs fournisseurs, ne sont pas inscrits au fisc pour la TPS/TVQ, au registraire des entreprises… »
Ces omissions les placent donc souvent en situation périlleuse: « Ils sont vite ensevelis sous la paperasse, et nous appellent souvent trop tard, quand ils sont dans la m… », relate Me Robichaud.
Développer des relations privilégiées

« Bien sûr, on est parfois un peu vu comme un rabat-joie puisqu'on est là pour rappeler les barrières légales et qu'on tempère ainsi les vues du client, explique Me Mazzini. Cependant, en collaborant ainsi au projet, on fait indirectement partie de l'équipe », ajoute-t-elle. Il est néanmoins primordial de faire bonne impression. « Au départ, les gens ont souvent une mauvaise opinion de la profession d'avocat. Mais si tout se passe bien dans les premières rencontres, dans ce domaine, on peut avoir des mandats qui s'étalent sur plusieurs mois, voire plusieurs années ».
Pour Me Dupuis, le plus difficile dans ce domaine, est que les entrepreneurs ont souvent peu d’argent au départ. Il faut donc inévitablement s’adapter à leurs moyens! « Faire faire le travail par des avocats juniors ou des stagiaires, lorsque c’est possible, est souvent avantageux au lieu de le confier à un associé senior au tarif plus important », révèle-t-il.
Qu’en est-il de la tarification?

Même chose pour Me Dupuis : il faut savoir adapter sa facturation selon les clients, croit-il. Souvent, la tarification idéale est une combinaison du taux forfaitaire et du taux horaire. Il y a ainsi un montant de base qui correspond au forfait. Pour les mandats plus complexes nécessitant plus de temps dans le même dossier, un taux horaire est ajouté.
« Il ne faut pas leur offrir des services dont ils n’ont pas besoin, ajoute Me Brouillette. Donc, on coupe au plus pressant. Ils ont besoin d’argent pour développer leur produit et pour le mettre en marché. Au début, ils auront surtout besoin de protéger la propriété intellectuelle de leur invention, ou encore de faire breveter cette dernière, et de se doter d’une structure corporative. »
Et Brouillette et Associés offrira souvent ses services de base aux entrepreneurs à une fraction du prix qu’il en coûtera à une grande entreprise. « On mise sur le fait que si l’entreprise grandit, elle reviendra nous voir », ce qui permet de rentabiliser le rabais offert. Mais il y a plus: « Aider quelqu’un à grandir, redonner à la communauté en quelque sorte, c’est gratifiant », dit Me Brouillette.
Un entrepreneur qui a besoin de faire breveter un produit, mais qui est sans le sou, se verra donc offrir des formations lui permettant de déposer un brevet provisoire. Alors qu’il peut en coûter entre 5000 et 10 000 dollars pour tout le processus, les formations menant au brevet provisoire offertes par Brouillette et Associés sont facturées environ 2000 dollars.
La Boîte juridique, de son côté, propose plutôt d’échelonner ses tarifs en fonction des besoins de la PME, explique Dani Ann Robichaud. « On va se donner un échéancier pour la rédaction d’une convention d’actionnaire par exemple: on aide les gens à identifier ce qui est important, on établit les priorités, puis quand ils sont prêts et qu’ils ont les moyens, on travaille en fonction de leur budget. »