Salaires juridiques : à qui profiteront les hausses en 2027?
Thomas Vernier
2026-10-09 10:15:58
Une firme-conseil prévoit des hausses modestes dans le secteur juridique canadien l'an prochain. Le soutien technologique aux litiges rafle la mise.

Les salaires de départ du secteur juridique canadien devraient augmenter de 1,6 % en moyenne en 2027, selon le Guide salarial canadien 2027 de Robert Half, dévoilé le 1er octobre.
C'est à peine mieux que la moyenne nationale, tous secteurs confondus, que la firme de recrutement établit à 1,4 %.
Derrière cette moyenne, quelques postes se détachent nettement. La plus forte hausse du secteur, 5,1 %, va aux directeurs du soutien aux litiges et de la découverte électronique (e-discovery). Suivent les gestionnaires des parajuristes (3,8 %) et les conseillers juridiques internes qui comptent de zéro à trois ans d'expérience (2,6 %), indique le communiqué de la firme. Aucun poste d'avocat en cabinet ne figure parmi les hausses mises de l'avant.
Les employeurs du milieu juridique se disent pourtant prêts à délier les cordons de la bourse. Selon les données sectorielles publiées par Robert Half, 72 % des gestionnaires d'embauche du secteur offrent des salaires supérieurs aux fourchettes qu'ils avaient prévues pour attirer les meilleurs candidats, contre 55 % dans l'ensemble des secteurs. Presque tous (93 %) invoquent le besoin de compétences spécialisées.
L'intelligence artificielle pèse aussi dans la balance, mais moins qu'ailleurs : 56 % des employeurs juridiques paient davantage les candidats qui maîtrisent des compétences liées à l'IA, contre 63 % tous secteurs confondus. Le tiers d'entre eux (34 %) affirment que cette prime dépasse celle qu'ils accordent aux autres compétences technologiques.
« La demande croissante d'expertise liée à l'intelligence artificielle reflète une évolution plus large », souligne dans le communiqué Koula Vasilopoulos, directrice générale principale de Robert Half Canada.
Côté montants, la firme situe le salaire de départ médian à 205 000 $ à l'échelle nationale pour un avocat de sept ans d'expérience et plus, à 196 750 $ pour un chef du contentieux et à 166 250 $ pour un conseiller juridique interne de dix ans d'expérience et plus. Le directeur du soutien aux litiges et de la découverte électronique, lui, touche 156 000 $, soit davantage qu'un avocat de cinq ans d'expérience (150 000 $).
Les compétences les plus recherchées en cabinet sont le litige commercial, les fusions et acquisitions, la conformité réglementaire et le droit de la famille.
En entreprise, la gouvernance, les fusions et acquisitions, la conformité et la gestion des risques dominent. Pour les juristes d'entreprise, la spécialité demeure le principal levier de rémunération, comme le montrait récemment une enquête américaine.
Ces chiffres appellent quelques réserves. Ils portent sur le salaire de base offert aux nouvelles recrues et sont pancanadiens, même si le guide propose des ajustements par ville. Ils reposent sur les placements effectués par Robert Half, validés par des données d'offres d'emploi, et sur un sondage mené auprès de plus de 2 850 gestionnaires et travailleurs au pays ; la firme ne précise pas combien viennent du milieu juridique. Il y a deux ans, le même guide plaçait la rétention en tête des préoccupations des employeurs juridiques.
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