Les conseillers juridiques d'entreprise sommés de développer leur sens des affaires
Thomas Vernier
2026-08-26 14:15:27
L'ACC lance une formation pour transformer les jeunes conseillers juridiques en véritables partenaires d'affaires — la compétence no 1 réclamée par leurs patrons.
L'Association of Corporate Counsel (ACC) a tenu sa toute première formation In-house Legal Impact, un programme certifiant destiné à renforcer le sens des affaires des juristes d'entreprise.
Le programme répond à une demande claire des directions juridiques : selon le sondage 2026 de l'ACC auprès des chefs des affaires juridiques, le sens des affaires (business acumen) est la compétence numéro un qu'ils souhaitent voir se développer chez les avocats de leurs équipes.
Tenue virtuellement du 11 au 13 août, la première cohorte — internationale — a suivi dix modules en direct animés par des juristes d'entreprise de différentes juridictions. Au menu : négociation de contrats en contexte international, intelligence artificielle, enquêtes internes, gestion de crise, risque d'entreprise, conformité et considérations de privilège transfrontalier.
Le corps professoral réunissait des praticiens chevronnés, dont Adriana Dulic, chef de la conformité chez Epoch Payment Solutions, Daniel Lenhoff, directeur du droit de l'IA, de la cybersécurité et de la vie privée chez KBR, Brennan Torregrossa, vice-président principal et avocat général chez GSK, et Spiwe L. Jefferson, avocate générale de division chez ABB.
Le programme vise les avocats comptant environ un à quatre ans d'expérience en entreprise, de toute juridiction — y compris ceux en transition vers un poste de juriste d'entreprise depuis un autre type de pratique. L'objectif affiché : les outiller pour devenir des partenaires stratégiques de l'organisation, capables de générer une valeur mesurable au-delà du strict conseil juridique.
L'ACC, qui se décrit comme la plus grande organisation mondiale au service des avocats exerçant au sein de services juridiques d'entreprises, avec plus de 45 000 membres dans 85 pays, prévoit de nouvelles éditions du programme.
Et au Québec?
Les juristes d'entreprise d'ici ont l'embarras du choix — deux réseaux concurrents se disputent leur perfectionnement.
D'un côté, l'ACC elle-même est bien implantée : son chapitre canadien couvre l'Alberta, la Colombie-Britannique, l'Ontario et le Québec, et le chapitre québécois — créé dès 2008 — organise chaque mois des programmes accrédités sur l'éthique, la conformité, la propriété intellectuelle ou la gestion des risques juridiques, en partenariat avec des cabinets comme Blakes, BLG et McCarthy Tétrault. À son actif également : un « Mini-MBA » offert avec Blakes et une conférence annuelle gratuite pour les conseillers juridiques du Québec.
De l'autre, l'ACCJE — affiliée à l'Association du Barreau canadien et forte de quelque 4 600 membres au pays — mise sur son Programme de leadership en entreprise, offert par la Rotman School of Management de l'Université de Toronto en partenariat avec Dentons et LexisNexis. La prochaine cohorte, de septembre 2026 à juin 2027, promet de développer en une dizaine de mois « le jugement d'affaires, l'aisance financière et les capacités de leadership » — parallèlement à une pratique à temps plein. Contrairement à la formation de l'ACC, réservée aux juristes de un à quatre ans d'expérience, le programme canadien s'adresse autant aux juristes uniques d'organisation qu'aux aspirants chefs des affaires juridiques.
Bémol commun : ces programmes phares se déroulent essentiellement en anglais.
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