Action collective contre les Eudistes, les Œuvres Eudistes et l’Externat Saint-Jean-Eudes

Action collective contre les Eudistes, les Œuvres Eudistes et l’Externat Saint-Jean-Eudes
Élisabeth Fleury

Élisabeth Fleury

2026-06-05 10:15:50

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Une nouvelle étape a été franchie dans l’action collective contre les Eudistes, les Œuvres Eudistes et l’Externat Saint-Jean-Eudes. De quoi s’agit-il, et qui sont les avocats?

La demande introductive d’instance dans l’action collective contre les Eudistes, les Œuvres Eudistes et l’Externat Saint-Jean-Eudes a été officiellement déposée.


Virginie Dufresne-Lemire, Olivia Malenfant, Imane Melab et Antoine Duranleau-Hendrickx - source Dufresne Wee

La procédure signée par Mes Virginie Dufresne-Lemire, Olivia Malenfant, Imane Melab et Antoine Duranleau-Hendrickx, du cabinet Dufresne Wee, vise à faire reconnaître que les institutions défenderesses étaient au courant ou ne pouvaient ignorer les agressions sexuelles commises par leurs membres ou préposés entre les années 1940 et aujourd'hui, et qu'elles n'ont rien fait pour les éviter ou les faire cesser.

La demande d’autorisation d’exercer l’action collective avait été déposée le 12 octobre 2023, puis autorisée par la Cour supérieure le 2 septembre dernier.

Pour s’inscrire à l’action collective et être membre du groupe, il faut avoir été victime d’agression sexuelle commise par un membre ou préposé des défendeurs entre les années 1940 à aujourd’hui.

Des agressions sexuelles alléguées sur plusieurs décennies

La demande introductive d’instance relate les agressions sexuelles subies par le demandeur à partir d’environ 1965, commises par le père Charles-Eugène Langevin, père Eudiste, à l’Externat Saint-Jean-Eudes à Québec.

Elle inclut également le récit de 15 autres membres du groupe alléguant avoir été victimes d’agressions sexuelles commises par le père Langevin ainsi que par d’autres membres ou préposés des défendeurs, soit le père Lefebvre, le père Claude Côté, le père Robert Thibodeau, le père Ernest Marcoux, le père Rolland Dion, Étienne Favreau, le père Devost, le père Gaspard Martin, le père Taillardat et le père Edward Townsend.

Cinq membres, incluant le demandeur, allèguent avoir été agressés par le père Charles-Eugène Langevin, deux par le père Devost et deux par le père Taillardat.


Les agressions sexuelles détaillées dans la demande auraient été commises dans plusieurs lieux où les préposés ou membres des défendeurs exerçaient leurs fonctions, notamment à l’Externat Saint-Jean-Eudes à Québec, au Collège des Eudistes (aujourd’hui Collège Jean-Eudes) à Montréal, à la paroisse du Bon-Pasteur à Laval, à la paroisse Sainte-Maria-Goretti à Québec, à la paroisse Saint-Brendan à Montréal et à Havre-Saint-Pierre. Les personnes visées occupaient notamment les fonctions de curé, de professeur, de directeur spirituel, d’économe et de supérieur.

Les agressions auraient été dénoncées aux défendeurs

Certains membres du groupe affirment avoir dénoncé ces agressions aux défendeurs. Le membre « B » rapporte notamment avoir dénoncé au préfet des études du Collège des Eudistes les gestes reprochés au père Lefebvre. Ce dernier aurait ensuite été déplacé dans un autre établissement après le départ du membre B, soutient-on dans la procédure.

Suivant la dénonciation qu'aurait faite la membre « H » au père Jean-Claude Quirion — qui deviendra plus tard supérieur des Eudistes à Charlesbourg — concernant les agressions sexuelles reprochées au père Ernest Marcoux, ce dernier aurait continué d’exercer des fonctions d’aumônier et de curé au sein des Eudistes, allègue-t-on également.

La demande indique aussi qu'en 2000, la membre H aurait dénoncé ces agressions au père Raymond Vaillancourt, alors supérieur des Eudistes, et qu’en 2018, la membre « O » aurait dénoncé les agressions reprochées au père Edward Townsend auprès du père Thomas Dowd. Celui-ci lui aurait indiqué que les informations seraient transmises aux Eudistes, bien que la membre n’aurait jamais reçu de suivi à cet effet.

Le document juridique fait aussi état du cas du père Rolland Dion. Malgré sa condamnation criminelle en 1973 pour grossière indécence sur un enfant de 9 ans alors qu’il était vicaire de la paroisse Sacré-Cœur de Chicoutimi, la poursuite allègue que ce dernier a continué d’être en contact avec des jeunes en agissant à titre d’aumônier des scouts de la paroisse du Bon-Pasteur et de l’escadrille 687 des cadets de l’air de 1971 à 1991.

Les défendeurs ont historiquement été présents à travers l’ensemble du Québec, notamment à Montréal (Collège des Eudistes / Collège Jean-Eudes, Aumôneries du Bon-Pasteur), à Québec (Externat Saint-Jean-Eudes, Séminaire du Sacré-Cœur, Paroisse du Sacré-Cœur-de-Marie et Juvénat Saint-Cœur-de-Marie), à Rimouski (Pointe-au-Père, paroisse de Ste-Anne), à Baie-Comeau (Hauterive, Havre-Saint-Pierre, Anticosti, Rivière Moisie, Sainte-Thérèse de Colombier, Ruisseau-Vert, Chute-aux-Outardes, Forestville et Labrieville) et à Chicoutimi (Paroisse du Sacré-Cœur).

Toutes les personnes visées par la définition du groupe peuvent s’inscrire gratuitement et en toute confidentialité en contactant le cabinet d’avocats au dossier (514 527-8903, actioncollective@adwavocats.com).

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