Action collective contre les Jésuites

Action collective contre les Jésuites
Didier Bert

Didier Bert

2026-06-29 12:00:32

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Une demande d’action collective vise les Jésuites du Canada pour de nombreuses agressions sexuelles sur des mineurs. Qui sont les avocats?


Jimmy Ernst Jr Laguë-Lambert, Philippe Brault, Benjamin W. Polifort et Loran-Antuan King - source : Lambert Avocats

La Cour supérieure étudiera une demande d'autorisation d'une action collective, qui réclame des dommages aux Jésuites du Canada, pour des agressions sexuelles sur des mineurs.

Le demandeur est un résident de Montréal, identifié par les initiales A.A.. Il est représenté par Me Jimmy Ernst Jr Laguë-Lambert, Me Philippe Brault, Me Benjamin W. Polifort et Me Loran-Antuan King du cabinet Lambert Avocats, ainsi que par Me Marc Bellemare et Me Bruno Bellemare du cabinet Bellemare Avocats.

Né en 1943 dans la région de Québec, A.A. naît d'une mère religieuse, et s'intéresse à la possibilité de devenir prêtre. Vers l'âge de sept ans, il devient servant de messe.

Au bout d'un mois, le père Eugène Lacerte l'invite à venir dans sa chambre, « sous prétexte qu’il lui enseignera l’hygiène », indique la poursuite. Une fois isolés dans la pièce, le prêtre agresse sexuellement l’enfant. Ces agressions se reproduisent à trois ou quatre reprises au cours de l’année, en plus de multiples moments où le prêtre inflige « des caresses inappropriées » au demandeur.

Le comportement troublant du prêtre « démontre le caractère abject, opportuniste, prémédité et calculé de cet individu, qui s’est servi de son statut de curé pour commettre ses bassesses », pointe la demande d’autorisation.


Marc Bellemare et Bruno Bellemare - source : Bellemare Avocats
Or, « les défenderesses ont laissé un tel prédateur au sein de la communauté. Les défenderesses n’ont pas pris les mesures nécessaires pour protéger la communauté, particulièrement les jeunes », reproche la poursuite.

Le demandeur a subi et subit encore des séquelles en raison de ces abus, y compris des idées suicidaires, des difficultés sexuelles et relationnelles, et des sentiments durables de culpabilité, de colère, d'humiliation, d'anxiété, de stress et de méfiance.

En 2020, un audit a révélé que de nombreux jésuites ont agressé sexuellement des mineurs.

Le demandeur souhaite être désigné représentant des membres du groupe composé de « toutes les personnes, de même que leurs héritiers et ayants droit, ayant été agressées sexuellement par un membre, prêtre, frère, religieux, employé, mandataire, bénévole ou représentant sous l’autorité ou la responsabilité des Jésuites du Canada, de la Compagnie de Jésus, des Missionnaires de Notre-Dame, S.J., des Jésuites de Québec, des Pères Jésuites de Québec, ou de toute œuvre, résidence, collège, école, paroisse, camp, centre spirituel, maison de retraite, établissement ou entité sous leur autorité, leur direction, leur surveillance ou leur responsabilité ».

A.A. entend que la Cour supérieure condamne les Jésuites du Canada à verser des dommages pécuniaires et non pécuniaires, ainsi que des dommages punitifs aux membres du groupe.

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