Décès d’un champion des actions collectives
Un pionnier des actions collectives et du droit du voyage est décédé. Qui était-il?

Paul Unterberg s’est éteint après une brillante carrière d’avocat.
Né en Autriche, Paul Unterberg est arrivé au Québec à l’âge de cinq ans.
Après ses études en droit, il est admis au Barreau en 1960, où il restera inscrit durant plus de cinquante ans.
Il commence par ouvrir son propre cabinet, se spécialisant en responsabilité civile, surtout les accidents d’automobiles et les blessures corporelles. « Durant les premières années de sa pratique, Me Unterberg travaille sans relâche, de douze à seize heures par jour sans prendre un seul jour de congé. La devise de Paul Unterberg était « on gagne ou on perd ensemble » et n'était payé à pourcentage que si le client obtenait gain de cause », rappelle un portrait de l’avocat, tiré de l’ouvrage « La Faculté de droit de l’Université de Montréal et la communauté juive » publié en 2018.
L'avocat se gagne une clientèle nombreuse, qui apprécie sa rapidité et sa combativité. « Me Unterberg était débordé et passait son temps à courir d'une salle d'audience à l'autre si bien que les employés du palais de justice l’avaient surnommé Batman, car on ne voyait que sa toge noire flotter derrière lui au passage, telle celle du super-héros. »
Quand la loi exclut tout recours devant les tribunaux pour les accidents d'automobiles, Me Paul Unterberg réoriente sa pratique. Il se concentre en actions collectives et en droit du voyage, s’associant avec Me Lise Labelle puis avec Me François Lebeau au sein de ce qui deviendra Unterberg Labelle Lebeau.
« Il avait un sens aigu de l’entrepreneuriat, et il s'est bâti une pratique solide après avoir dû abandonner le secteur de l'assurance automobile », souligne François Lebeau.
Durant plus de trois décennies, le cabinet montréalais mène plus de 130 actions collectives devant la Cour supérieure du Québec, la Cour fédérale, la Cour d’appel et la Cour suprême.
« Paul plaidait sur tous les aspects relevant de la preuve factuelle. Il se chargeait des interrogatoires et des contre-interrogatoires, se souvient François Lebeau. Il a été un pionnier de l'action collective, en contribuant énormément à passer d'une application très respective vers une étendue beaucoup plus large. »
Me Paul Unterberg prend sa retraite en 2013 après 53 années de pratique. « C'était un homme très exigeant et très généreux, salue François Lebeau, qui se rappelle ne jamais avoir vu Me Unterberg porter une chemise ou une cravate durant toute sa carrière. Il était anticonformiste à ce sujet. C’est pour cela qu’il était toujours en toge au palais de justice. »
Passionné de voyages, Paul Unterberg a fait plusieurs tours du monde, visitant près de 150 pays, notamment dans des lieux reculés. Il avait pris l'habitude de voyager de quatre à six mois par année.
Une vie en politique
L’avocat s’est aussi engagé en politique. « En 1969, il obtient un rendez-vous avec monsieur René Lévesque à qui il demande : « y a-t-il de la place pour un juif dans ce parti ? » Toujours franc et honnête, monsieur Lévesque lui a souri et répondu : « cela dépend du juif ». Convaincu, Paul Unterberg est devenu membre du parti le jour même », relate l’ouvrage.
Paul Unterberg a été candidat du Parti Québécois (PQ) en 1970 dans la circonscription D'Arcy McGee, en 1973 dans Fabre et en 1976 dans le comté de St-Laurent. Deux ans plus tard, il est élu au sein de l’exécutif du PQ. L’avocat est l'auteur de l'ouvrage « Le Québec aux Québécois ».
Trois des enfants de Paul Unterberg sont eux-mêmes inscrits au Barreau du Québec. Me Agnès Unterberg est avocate au contentieux du CIUSSS Centre-Sud de l’Île-de-Montréal. Me Charles Unterberg pratique au sein de St-Pierre Unterberg et de Municonseil. Me Jérôme Unterberg est sous-ministre adjoint au transport collectif, à la mobilité et à la sécurité au ministère des Transports.
Paul Unterberg laisse dans le deuil son épouse Francine Unterberg, ses enfants et ses petits-enfants.
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