La Place Bonaventure évite la mise sous séquestre

La Place Bonaventure évite la mise sous séquestre
Didier Bert

Didier Bert

2026-04-22 10:15:52

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La Cour supérieure refuse la demande de La Caisse de mettre la Place Bonaventure sous séquestre. Qui sont les avocats?


Sylvain Rigaud, Hugo Lefebvre et Se-Line Duong - source : LinkedIn

La Cour supérieure du Québec a rejeté une demande rare de retirer les pouvoirs de gestion aux administrateurs dûment élus de sociétés solvables.

L’affaire met aux prises deux grandes caisses de retraite canadiennes, d’une part La Caisse à travers sa filiale Otéra Capital, et d’autres part Investissements PSP, propriétaire de la Place Bonaventure conjointement avec Immeubles Rimanesa - autrement appelée Kevric.

Otéra Capital est représentée par Me Sylvain Rigaud, Me Hugo Lefebvre et Me Se-Line Duong du cabinet Rigaud Légal.

Douglas Mitchell, Jordan Bitan (source : IMK), Paul Ryan, Henry Steinberg et Nicholas Bakopanos (source : Spiegel Ryan)
Immeubles Rimanesa est conseillée par Me Douglas Mitchell et Me Jordan Bitan du cabinet IMK, ainsi que par Me Paul Ryan, Me Henry Steinberg et Me Nicholas Bakopanos du cabinet Spiegel Ryan.

PSPIB-RE Direct est représentée par Me Gerald F. Kandestin et Me Jeremy Cuttler du cabinet Kugler Kandestin.

Me Jean-Yves Simard, du cabinet Prelia, conseille Gestion Immeuble Place Bonaventure.

Quant à Me Hugo Babos-Marchand et Me Rosemarie Sarrazin, du cabinet McCarthy Tétrault, ils représentent PwC.

Du combat d’oreillers à l’arme nucléaire

Luc Morin - source : LinkedIn

Le litige voit donc s’affronter des acteurs majeurs autour d’un édifice phare du centre-ville montréalais. « C’est probablement ce qui explique l’approche feutrée préconisée dans les procédures au dossier. Les parties ont choisi d’enfiler leurs plus beaux gants de velours afin de mener un combat d’oreillers qui détonne avec la portée des conclusions recherchées, qui elles relèvent du déploiement de l’arme nucléaire : le retrait complet de toutes prérogatives de gestion aux administrateurs dûment élus de sociétés solvables. Dit autrement, il y a asymétrie entre les moyens entrepris et les fins recherchées », illustre le juge Luc Morin de la Cour supérieure, dans son jugement.

Gerald F. Kandestin et Jeremy Cuttler - source : Kugler Kandestin
Depuis 2023, La Caisse et Investissements PSP ne parviennent pas à s'entendre sur les termes du renouvellement de l'hypothèque sur l'édifice.

En août 2025, Investissements PSP s’est montrée prête à abandonner la Place Bonaventure plutôt que de rembourser une créance de 200 millions de dollars, soit le solde d’un prêt hypothécaire de 230 millions de dollars renouvelé par Otéra Capital en 2020. Le prêt est garanti par une hypothèque de 230 millions de dollars en plus d'une hypothèque additionnelle de 57 millions de dollars grevant la Place Bonaventure.



Cependant, Kevric a refusé l'abandon de l’immeuble.
Jean-Yves Simard - source : Prelia


Aussi, en janvier dernier, La Caisse a déposé une demande de mise sous séquestre, ce qui aurait conduit à ôter toutes les prérogatives de gestion des administrateurs alors que la société demeure solvable.

« La valeur de la Place Bonaventure dépasse de plusieurs millions de dollars le montant de la créance garantie », souligne le juge Morin. La valeur de l'édifice s'établit à 290 millions de dollars, en chute comparativement aux 455 millions de dollars qu'il valait en 2020.

Hugo Babos-Marchand et Rosemarie Sarrazin - source : McCarthy Tétrault
Dans sa décision refusant la mise sous séquestre, le juge Luc Morin salue le sérieux du plan d'affaires de Kevric, tandis qu’il pointe que « Canderel et PwC ne sont pas venus étayer de quelque manière que ce soit le plan envisagé pour la suite des choses, si ce n’est une mention d’une nécessaire revitalisation d’une centaine de jours avant le déploiement d’un processus de vente ». Canderel est un gestionnaire que La Caisse souhaitait substituer à Kevric, et PwC était le séquestre proposé.

Les deux parties devront donc continuer de négocier pour déterminer le sort de la créance de 200 millions de dollars… sans oreillers ni arme nucléaire.

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