L’ex-bâtonnière de Montréal dénonce les propos de PSPP

L’ex-bâtonnière de Montréal dénonce les propos de PSPP
Élisabeth Fleury

Élisabeth Fleury

2026-06-15 15:00:27

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La bâtonnière sortante du Barreau de Montréal critique la récente sortie du chef du Parti québécois, qui a associé le Parti libéral du Québec au crime organisé.


Valérie Assouline - source : SOS Avocats

Me Valérie Assouline juge « inacceptable » la déclaration de Paul St-Pierre Plamondon sur le Parti libéral du Québec (PLQ).

« Je commente rarement la joute politique partisane, mais je dois avouer que certaines déclarations récentes me préoccupent. Après la publicité du sandwich moisi, qui misait davantage sur la caricature que sur le débat d’idées, voilà maintenant qu’on évoque la criminalité organisée pour parler d’adversaires politiques. Je trouve cela décevant et inacceptable », a déclaré l’avocate sur Linkedin.

La bâtonnière sortante du Barreau de Montréal rappelle que la criminalité organisée est « une réalité grave qui cause des ravages bien concrets ». « C’est une réalité trop sérieuse pour être invoquée simplement afin de marquer des points dans un débat politique », juge-t-elle.

« Mon parcours comme avocate et comme élue municipale [Dollard-des-Ormeaux] m’a appris que les désaccords font partie du débat démocratique. Mais ils ne devraient jamais nous faire perdre de vue l’essentiel : le respect, le dialogue et la recherche de solutions. On peut débattre avec vigueur sans tomber dans les caricatures ni dans les étiquettes faciles », rappelle l’avocate spécialisée en droit de la famille et de la jeunesse.

Paul St-Pierre Plamondon - source : Radio-Canda
Le PLQ met PSPP en demeure


Le PLQ a mis en demeure Paul St-Pierre Plamondon, dimanche, après que celui-ci eut fait des liens entre le financement du PLQ et le crime organisé. La mise en demeure est signée par le président du PLQ, Me Rafael P. Ferraro.

Paul St-Pierre Plamondon a fait un lien entre le PLQ et le crime organisé vendredi matin, au dernier jour de la législature avant les élections de l'automne. Pour lancer ses attaques, il s'est fondé sur l'enquête de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) en cours concernant des allégations de financement illégal au moment de la course à la direction du PLQ, l'année dernière.

« Ce qu’on a déjà appris du Parti libéral, c’est qu’on y a fait du financement qui est à l’évidence illicite, et ce sont des activités qui impliquaient des dizaines de personnes », a déclaré le chef péquiste lors de son bilan de fin de session.

« Il y a des liens qui ont été faits avec un député fédéral. Est-ce qu’il y a des liens avec le crime organisé? Ce qu’on sait avec certitude, c’est qu’il y a un événement de financement pour créer une caisse occulte qui a lieu », a-t-il poursuivi.


Paul St-Pierre Plamondon a affirmé qu'il n'avait pas d'indications laissant croire à des liens entre le PLQ et le crime organisé, mais que, selon lui, c'était une question qui est absolument légitime et logique.


Rafael P. Ferraro - source : Gowling WLG

Pour le PLQ, ces déclarations dépassent largement les limites admissibles du débat politique. Le parti estime que ces accusations, formulées sans fondement factuel, portent gravement atteinte à sa réputation, ainsi qu'à celle de ses milliers de membres, élus et bénévoles.

La mise en demeure rappelle à M. St-Pierre Plamondon, lui-même avocat membre du Barreau du Québec depuis 2003, qu'une telle association publique à des activités criminelles ne peut être proférée à la légère.

Le PLQ exige deux actions précises : le retrait complet, clair et sans équivoque des propos tenus, ainsi que des excuses publiques formelles. Le chef du Parti québécois dispose d’un délai de 72 heures pour s’y conformer à compter de la réception de l'avis.

À défaut de quoi, le Parti libéral indique se réserver le droit d'exercer tous les recours judiciaires appropriés afin de faire cesser l'atteinte à sa réputation et d'obtenir réparation pour le préjudice subi.

PSPP refuse de se rétracter

Quelques minutes avant le début de la conférence de presse du chef du PLQ, Charles Milliard, dimanche matin, Paul St-Pierre Plamondon lui a adressé une fin de non-recevoir sur ses réseaux sociaux.

« J’ai consulté mes avocats hier et je vous annonce que je n’ai aucune intention de me rétracter. J’ai posé des questions sur l’origine non résolue des fonds utilisés dans un stratagème de financement illégal et dans ce contexte j’ai émis, sous forme de question, une hypothèse parfaitement plausible à la lumière des pratiques de financement du PLQ dans notre histoire récente. Je tiens donc à maintenir mon droit à poser des questions pertinentes et plausibles dans le cadre de mes fonctions à l’Assemblée nationale », a écrit M. St-Pierre Plamondon sur X.

Il n’avait pas été possible de savoir si le Parti québécois avait acheminé une réponse officielle au PLQ au moment de rédiger ces lignes.

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