Peter Nygard reconnu coupable d’agression sexuelle et de séquestration à Montréal
Radio Canada
2026-07-14 12:00:35
L’ancien magnat de la mode a été reconnu coupable des viols de quatre femmes…

Revirement au palais de justice de Montréal : l'ancien magnat de la mode Peter Nygard n'a pas contesté la preuve lors de son procès pour agression sexuelle et séquestration et a donc été reconnu coupable de facto. Son procès, prévu pour dix jours, devait s'ouvrir lundi.
Au tout début de l'audience lundi, l'avocate de M. Nygard, Gerri Wiebe, a annoncé sa décision de ne présenter aucune défense. Mais il n'a pas plaidé coupable en tant que tel, a insisté Me Wiebe. « Il n'a pas contesté la preuve de la poursuite, a-t-elle dit aux journalistes au sortir de la salle d'audience. Nous avons ainsi invité la juge à reconnaître sa culpabilité ».
La manœuvre semble avoir surpris le procureur de la Couronne dans le dossier, Me Jérôme Laflamme. Sachez que la poursuite était prête à procéder, a-t-il dit. « Ses témoins sont présents, et étaient préparés ». Plutôt que de procéder avec les témoignages, Me Laflamme a plutôt lu au tribunal un exposé conjoint des faits, admis par Nygard.
L'ancien magnat de la mode, déjà reconnu coupable en 2024 d'agressions sexuelles par un tribunal de Toronto, a ainsi admis avoir agressé une jeune femme de 18 ans dans les années 1990, dans un penthouse de Montréal.
La jeune femme avait été approchée dans un bar par un complice de Nygard, qui lui a fait miroiter la possibilité d'une carrière dans la mode. Elle s'est rendue à l'appartement où l'ancien dirigeant de Nygard International l'attendait. C'est là que l'agression a eu lieu. Nygard lui a entre autres promis de l'amener avec lui aux Bahamas et de lui offrir une vie luxueuse en échange de faveurs sexuelles. L'accusé étant présent à l'audience par visioconférence à partir d'une prison en Ontario, où il purge une peine de 11 ans. Il sera par ailleurs admissible à une libération conditionnelle en décembre.
Une « décision stratégique »
Devant les journalistes après l'audience, l'avocate de Nygard n'a pas caché que la décision de ne pas offrir de défense était intimement liée avec la procédure d'extradition vers les États-Unis qui pend au-dessus de la tête de son client.
« C'est une décision stratégique en regard à son éligibilité à une libération conditionnelle, et à son extradition prochaine », a affirmé Me Gerri Wiebe. Nygard est en effet attendu de pied ferme dans l'État de New York, où il doit entre autres faire face à des accusations de trafic sexuel. En 2022, le ministre de la Justice de l'époque, David Lametti, avait ouvert la porte à son extradition une fois que tous ses procès au Canada seraient terminés. La Cour suprême a refusé d'entendre son appel à ce sujet.
Or, son procès au Manitoba ayant avorté en octobre dernier, les procédures judiciaires à Montréal étaient les dernières en liste. La poursuite et la défense ont convenu de repousser les observations sur la peine au mois d'octobre prochain, ce qui permettra à (mon client) de demeurer au Canada pour au moins les prochains mois, a dit Me Wiebe.
Pendant ce temps, l'avocate entend demander à l'actuel ministre fédéral de la Justice de suspendre son extradition considérant l'âge et l'état de santé de M. Nygard.
« Sa santé a continué de décliner depuis qu'il est emprisonné. Je ne sais pas si vous pouviez le voir sur l'écran, mais c'est un homme de près de 85 ans, et sa santé le reflète ».
« Il ne veut pas aller aux États-Unis. Il a peur de ne pas survivre au voyage », mentionne Gerri Wiebe, avocate de Peter Nygard.
« Je vais entrer en contact avec les procureurs américains afin de connaître la viabilité de leur cause, et savoir s'ils entendent vraiment procéder, et quelles sont leurs intentions envers M. Nygard », a ajouté l'avocate.
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