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Pics de la honte devant le bureau d’un cabinet d'avocats

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Emeline Magnier

2014-06-11 13:15:00

Le bureau dans lequel est basé un prestigieux cabinet d'avocats a installé des pics à l’extérieur de l’immeuble pour empêcher l’installation des sans abris…
Le maire Denis Coderre était en furie
Le maire Denis Coderre était en furie
La nouvelle a fait grand bruit et a entraîné une indignation générale sur les réseaux sociaux alors que Le Devoir révélait dans un article paru le 10 juin que des pics anti-itinérants avaient été installés près du magasin Archambault à Montréal, au coin des rues Berri et Ste-Catherine.

Cette mesure visant à empêcher l'installation des personnes itinérantes aux abords des immeubles est assez répandue et dépasse même l'Atlantique: le bâtiment dans lequel est basé le cabinet d'avocats Latham Watkins s'est lui aussi doté de ce dispositif, rapporte Legal Cheek.

Un procédé particulièrement embarrassant pour ce bureau qui soutient les activités de l'organisme de charité Centrepoint qui lutte contre l'itinérance. Récemment, les avocats du cabinet - dont la rémunération annuelle débutent à 98 000 livres - ont dormi une nuit dans la rue pour amasser des fonds au bénéfice de l'organisme.

Le cabinet d'avocats, qui occupe l'immeuble avec douze autres locataires, n'a pas souhaité commenté la mesure.

La réaction du maire de Londres a été aussi vive que celle de Denis Coderre: les deux magistrats ont immédiatement décrié la mesure et appelé à sa désinstallation immédiate.

« Dans ma ville, ce n'est pas vrai qu'on va humilier des gens. C'est totalement inacceptable. Ça n'a pas sa place ici et on va les faire enlever immédiatement », a déclaré le maire de Montréal qui qualifie ces installations de « pics de la honte ».

Le bureau dans lequel est basé un prestigieux cabinet d'avocats a installé des pics à l’extérieur de l’immeuble pour empêcher l’installation des sans abris
Le bureau dans lequel est basé un prestigieux cabinet d'avocats a installé des pics à l’extérieur de l’immeuble pour empêcher l’installation des sans abris
Ni une ni deux, les pics-anti itinérants ont été retirés la journée même, tandis que des inspecteurs ont été missionnés pour sillonner l'arrondissement Ville Marie et vérifier qu'il n'y en ait pas d'autres.

En plus de leur connotation discriminatoire envers certains groupes de citoyens, M. Coderre a souligné le risque potentiel pour la sécurité de ce dispositif.

Malgré sa réaction vive et immédiate et le message clair envoyé aux propriétaires d'immeubles, le maire de Montréal envisage de prendre de nouvelles dispositions réglementaires pour légiférer sur la question.

Actuellement, aucune autorisation n'est nécessaire pour installer ces pics sur une propriété privée. Pour demander leur retrait, la Ville invoque les règles de construction et la dangerosité de l'installation.
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