Un nouveau souffle à l’Aide juridique de Laval

Un nouveau souffle à l’Aide juridique de Laval
Sonia Semere

Sonia Semere

2026-04-27 14:15:29

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Après dix ans sur le terrain, une avocate de l’Aide juridique accède à la direction du bureau de Laval. On a jasé avec elle…


Valérie Lafortune - source : LinkedIn

Après dix années à exercer comme avocate criminaliste à l’Aide juridique de Montréal, Me Valérie Lafortune accède aujourd’hui à la direction juridique du bureau de Laval.

Un virage professionnel qui s’inscrit dans une volonté claire : s’engager autrement au sein de l’institution.

« Son passage récent à la direction intérimaire du bureau civil de Laval lui a permis de démontrer sa capacité à mobiliser les équipes, à accompagner le changement et à assurer une certaine stabilité dans un contexte particulièrement exigeant », souligne l’Aide juridique.

Mais que recouvre concrètement ce nouveau rôle? Quel regard une ancienne avocate de terrain porte-t-elle sur ces fonctions de gestion? Et quelles priorités entend-elle mettre de l’avant? On lui a posé quelques questions…

Que représente cette nomination pour vous et comment abordez-vous ces nouvelles fonctions?

À la base, j’étais avocate en droit de la jeunesse à Montréal, un domaine pour lequel j’ai eu un véritable coup de cœur. Depuis toujours, j’ai l’aide juridique « tatouée sur le cœur » : avant même de devenir avocate, c’était l’unique milieu où je me voyais travailler.

Comme avocate, j’avais l’impression de faire une réelle différence au quotidien, mais je souhaitais avoir un impact encore plus large, à l’échelle de l’organisation. J’ai donc accepté un intérim comme directrice à Laval, ce qui m’a permis de découvrir ce rôle. Dès mon arrivée, j’ai su que j’étais à ma place. J’ai été particulièrement marquée par la qualité de l’équipe de direction : une équipe dynamique, accueillante et ouverte aux idées.

Ce rôle m’a aussi permis de mieux comprendre l’envers du décor, tout ce qui se passe au-delà du travail sur le terrain. Aujourd’hui, en tant que directrice du secteur criminel, jeunesse et carcéral, je suis encore plus proche de mon domaine d’expertise. Cela me permet de bien comprendre la réalité des avocats et leurs enjeux. C’est une étape importante dans mon parcours, et j’en suis très fière.

Avez-vous déjà des priorités que vous souhaitez mettre en place pour les équipes?

De manière générale, je souhaite renforcer la reconnaissance du bureau de Laval, qui est le seul à couvrir toute la ville. Les avocats y gèrent un volume de dossiers très important. Mon objectif est notamment de leur permettre d’aller plus loin dans leurs dossiers, de développer leur expertise et de travailler davantage dans des domaines qui correspondent à leurs intérêts.

Actuellement, ils touchent à plusieurs champs de pratique, protection de la jeunesse, droit carcéral, cour municipale, et j’aimerais leur offrir plus de latitude pour se spécialiser et s’épanouir professionnellement. Je tiens aussi à valoriser leur travail, à souligner leurs réussites et à mettre en lumière leur contribution essentielle, notamment à travers des initiatives de visibilité.


Quels sont les principaux types de dossiers traités actuellement?

Cela varie selon les secteurs, mais on observe un volume très important en droit criminel adulte et en protection de la jeunesse, où les dossiers sont en forte augmentation. Au-delà du volume, ce qui marque surtout, c’est la complexité croissante des dossiers. Ils demandent davantage de temps, d’énergie et d’expertise, même si les équipes restent très engagées.

Comment expliquez-vous cette complexité grandissante?

Plusieurs facteurs entrent en jeu. Par exemple, on observe une criminalisation plus précoce chez certains jeunes, avec des situations plus graves qu’auparavant. Cela rend les dossiers particulièrement délicats. Il y a aussi les effets post-pandémie, qui continuent d’influencer les réalités sociales et judiciaires. À cela s’ajoutent des contraintes structurelles, comme le nombre limité de salles au palais de justice de Laval, construit à une époque où la population était bien moins importante.

Enfin, certains changements sociaux, comme l’augmentation de l’itinérance ou des situations de vulnérabilité, contribuent également à complexifier le travail. Des initiatives et programmes commencent à être mis en place pour répondre à ces enjeux, mais cela demande du temps.

Pour finir, d’où vous vient votre intérêt pour l’aide juridique?

J’ai été en contact avec ce milieu assez jeune, et cela a influencé ma vision du droit. Pour moi, être avocate, c’est avant tout aider les gens. Et souvent, les difficultés que vivent les personnes passent par des enjeux juridiques. Le droit devient alors un outil pour améliorer concrètement leur situation.

Ce que je trouve particulièrement important à l’aide juridique, c’est l’accès à la justice. Peu importe les moyens financiers du client, si on croit en son dossier, on peut aller jusqu’au bout : déposer des requêtes, aller en procès et défendre pleinement ses droits. C’est cette mission qui m’anime : accompagner les personnes les plus vulnérables, qu’il s’agisse de problèmes de santé mentale, d’itinérance ou de situations de vie difficiles.

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