Les priorités de Manon Savard
La juge en chef du Québec appelle à un meilleur financement du système judiciaire québécois, au moment de quitter ses fonctions…

Manon Savard, juge en chef du Québec depuis 2020, met fin à ses fonctions après six ans à la tête de la Cour d'appel.
Celle qui s'apprête à exercer désormais comme juge surnuméraire à temps partiel réclame davantage de moyens financiers pour le système judiciaire québécois, en entrevue avec The Globe and Mail.
Alors que les délais judiciaires sont un grave problème ailleurs au Canada, ce n'est pas le cas au Québec, soutient la juge Savard. Dans la province, le principal défi est la nécessité d'accroître le financement des tribunaux.
Manon Savard appelle à investir dans la justice, ce qui représente un investissement dans la démocratie, dit-elle, en citant la nécessaire modernisation des tribunaux, avec un passage au numérique et une réduction de la paperasse.
La juge s’attend à ce que des résumés des jugements soient publiés en langage clair, afin de faciliter la compréhension par le public. Elle demande également davantage de traductions en anglais.
Manon Savard considère qu'il est primordial d'améliorer la communication des décisions au grand public. Pour celle qui siège à la Cour d'appel depuis 2013, le public manque de confiance envers les institutions: les tribunaux doivent abandonner leur traditionnel silence réservé et la présomption que tout le monde appréciera et respectera leur travail.
Le mandat de Manon Savard a été marqué par le dossier de la Loi 21 sur les signes religieux, dont la décision unanime de 300 pages a été rendue en février 2024, confirmant la validité de la loi en raison de la clause dérogatoire. L'affaire est maintenant devant la Cour suprême du Canada.
Ancienne avocate en droit du travail pendant 23 ans, elle insiste sur l'importance de distinguer le rôle des juges de celui des politiciens : « Nous sommes là pour appliquer la loi. »
Partager cet article: