Poursuite au civil de 235 000 $ contre Daniel Rochefort
Radio Canada
2026-05-15 12:00:38
L'avocat est accusé de crimes pédosexuels commis à Montréal et à l'étranger sur une période de cinq ans.

L’avocat Daniel Rochefort, qui a été arrêté vendredi dernier en lien avec plusieurs accusations de crimes sexuels, dont leurre informatique, a une autre poursuite à son dossier. Une femme a intenté une poursuite civile de 235 000 $ en dommages pour des gestes sexuels non consentis qui seraient survenus en novembre 2020.
Peggy Béland soutient dans sa poursuite déposée le 17 février qu’elle a été agressée par Daniel Rochefort. Elle dit porter son fardeau depuis près de six ans.
Par ailleurs, l’avocat en droit civil de 72 ans, qui est détenu depuis vendredi dernier, a comparu de nouveau jeudi après-midi. Il a alors été déterminé que Daniel Rochefort subira son enquête sur remise en liberté le mardi 19 mai.
La police recherche d'autres victimes potentielles
Mercredi, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a fait un appel au public pour rechercher d’autres victimes potentielles. L'enquête du SPVM laisse croire aux policiers spécialisés en crimes sexuels que M. Rochefort aurait pu faire d’autres victimes, certaines mineures, sur une période allant de 2007 à 2026. Il serait entré en contact avec ses victimes par l'entremise des réseaux sociaux, notamment Instagram et Snapchat.
La police de Montréal précise que l'accusé aurait utilisé les pseudonymes suivants lors de ses échanges avec les victimes : dannyrock1675 sur Instagram et dannyrock201721 sur Snapchat. L’enquête policière est toujours en cours.
Les victimes potentielles ou les personnes connaissant quelqu’un qui aurait pu être victime de Daniel Rochefort peuvent joindre la section des agressions sexuelles du SPVM au 514 280-8502. Elles peuvent aussi se rendre à un poste de police de quartier pour fournir une déclaration ou déposer une plainte officielle.
Congédié par l'UdeM en 2022
Daniel Rochefort a été congédié en 2022 par l'Université de Montréal (UdeM), où il enseignait les relations industrielles, à la suite de plaintes de harcèlement sexuel de la part d'au moins trois étudiantes.
Selon une décision d'arbitrage rendue en 2025, le juriste de 72 ans aurait adopté « une conduite inappropriée, à caractère harcelant et perturbateur » lors d'une activité de réseautage, le 9 novembre 2017.
Une enquête du comité de discipline avait d'abord mené à sa suspension pour deux trimestres, en 2019. Puis, à la suite d'une contestation de Rochefort, le comité des différends de l'établissement d'enseignement avait conclu en 2022 que la sanction appropriée était le congédiement. L'UdeM a confirmé à Radio-Canada que la sanction avait été appliquée.
Dans le cadre de l'enquête, Daniel Rochefort a reconnu avoir « adressé certains compliments à des étudiantes », mais a nié « avoir adopté des comportements de flirt ou déplacés ».
Selon lui, « il s'agissait simplement de remarques spontanées destinées à se montrer courtois ».
C'est dans le cadre d'un grief déposé par son syndicat qu'un arbitre a eu à se pencher sur l'affaire. Un porte-parole de l'Université indique que le grief a été abandonné en mars dernier.
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