Coup de gueule d’un avocat contre le racisme systémique au SPVM

Coup de gueule d’un avocat contre le racisme systémique au SPVM
Élisabeth Fleury

Élisabeth Fleury

2026-06-17 14:15:03

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Père d’un garçon « métissé », un avocat dénonce le racisme systémique au sein du Service de police de la Ville de Montréal.

Rémi Bourget
Rémi Bourget - Source RB Avocats

L’avocat Rémi Bourget, dont l’un des deux fils est « métissé », a publié une vidéo « coup de gueule » sur ses réseaux sociaux à la suite des récentes allégations de racisme au sein du poste 39 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

« Ce qui s’est passé à Shawinigan avec la banderole raciste, c’est rien à côté de ce qui s’est passé au poste de police de Montréal Nord. Imagine, tu fais partie d’une minorité [...] et il y a des racistes qui ont des clubs d’entraînement en arts martiaux, qui tu vas aller voir pour te protéger? Ceux qui ont le monopole de la violence légitime et étatique: la police. Ah ben, guess what, il y en a qui sont dans la même gang, qui se prennent même des scalps, des bouts de dreads, qui se montrent des trophées de chasse avec ça », s’indigne l’avocat dans sa vidéo publiée sur Linkedin.

Juriste aguerri, Me Bourget, qui exerce en litige civil, commercial et constitutionnel, s’implique depuis plusieurs années pour la défense des droits des minorités, notamment à titre de fondateur de l’organisme Québec inclusif.

« Je ne suis pas cave, je sais bien qu’il ne faut pas généraliser, que c’est pas toute la gang qui sont pareils, mais quand même. J’ai bien hâte de voir si les deux partis politiques qui continuent de nous rabattre les oreilles depuis cinq-10 ans [en disant que] le racisme systémique n’existe pas et en faisant semblant de confondre le mot systémique avec le mot systématique, j’ai bien hâte de voir s’il vont nous dire qu’il y a eu 16 cas de racisme isolés au poste de police 39 du SPVM », poursuit Me Bourget dans sa vidéo.

L’avocat précise ensuite qu’il a un garçon « qui est métis ». « Oui, il a des dreads, il est grand, il est bâti, il est costaud, en plein le genre de gars qui va se faire profiler, qui va se faire arrêter pour un oui ou pour un non, qui va se faire contrôler les fois où je vais lui prêter mon char ou mon pick-up », dénonce Me Bourget.

L’avocat adresse ensuite ce message à ses « chums du SPVM » qui voudraient « faire ça » à son fils: « Lui, son père est avocat, pis son père attend rien que ça que son garçon se fasse profiler pour lancer une christie de grosse poursuite, pis là je pense pas que tu vas te faire défendre par la Ville, je pense même pas que tu vas te faire défendre par ton syndicat, pis si t’as pas les moyens de payer le jugement, ben moi, j’aime ça saisir des pick-ups pis des bateaux aussi! »

Me Bourget n’était pas disponible pour une entrevue avec Droit-inc mercredi.

« C’est venu m’interpeller comme père de famille»

En entrevue à QUB, l’avocat a comparé le racisme à « une espèce de virus, de gangrène qui se propage pour toutes sortes de raisons ».

« Quand on est rendu à avoir 16 personnes à l’intérieur d’un poste de police qui sont à l’aise, qui sont confortables d’avoir ce genre de comportement-là [...], ça veut dire que ça ne peut pas être juste une pomme pourrie, ça ne peut pas être juste un cas de racisme individuel », a-t-il opiné.

Selon lui, le racisme systémique n’est pas une vue de l’esprit lorsque son ex-femme haïtienne doit dire à leur fils : « Quand tu vas conduire une auto, tu ne peux pas porter un capuchon, et tu ne peux pas faire un geste brusque quand tu es à côté d’un policier. »

Avec son fils cadet, qui est blanc, « on n’a jamais eu à lui dire ça », a fait remarquer Me Bourget, qui déplore qu’au Québec, « on n’élève pas nos enfants de la même façon selon la couleur de leur peau ».

« Tous les parents de jeunes hommes noirs ont ce discours-là avec eux en leur disant que quand ils voient la police, il faut qu’ils soient extrêmement polis, qu’ils ne fassent aucun geste brusque, que leurs mains soient toujours à la vue du policier », a renchéri l’avocat à QUB.

Me Bourget est aussi revenu sur l’avertissement qu’il a servi aux policiers du SPVM s’il advenait que son fils soit victime de profilage racial. « Je vais faire comme d’autres l’ont fait : je vais les poursuivre en espérant avoir gain de cause. Je ne vais pas aller faire les gros bras, on est dans une société de droit alors on doit respecter ces institutions-là », a-t-il dit.

Selon lui, il est important qu’il y ait une enquête « plus vaste » sur ce qui s’est passé au SPVM « pour que les gens gardent confiance en la police ».

« Cette histoire-là, oui elle est horrible et elle nous interpelle, mais ça fait longtemps qu’on entend des histoires similaires, il y a même eu des jugements où ça a été établi [notamment ici] qu’il y en avait [du profilage racial]. Peut-être que socialement, on arrive à un point où il faut crever l’abcès », estime Me Bourget.

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